• La pluie tombait à flot,

    Sous son manteau l'artiste était,

    Comme un îlot,

    Au milieu d'un monde inconnu.

     

    Mais il savait que le calme revenu,

    Il serait de nouveau perdu dans sa passion.

    Même si elle était éphémère,

    Il s'en fichait, il aurait quand même vécu comme il voulait.

     

    Il était heureux de la vie qu'il menait,

    Même si elle n'était pas gaie du tout,

    Il était libre de faire ce qu'il voulait.

    Personne ne l'obligeait à resté là où il ne le désirait pas.

     

    Et rien ne le sauverait de la mort,

    Qui l'attendait au coin du chemin.

    Même si ce jour était demain,

    Cela ne lui ferait rien.

     

    Il avait vu tout ce qui était à voir,

    Et il n'attendait plus rien de la vie.

     

    Il aurait gardé sa liberté,

    Dont il se vantait tant.

    Il y tenait tellement qu'il était mort pour elle....

     

    Texte de The Dark-street Art, 1994

     



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  • Torture Garden

    Article paru sur le site d'ARTE

     


     

    Un petit coup de fouet, histoire de se détendre ?

    Depuis dix-huit ans, ils font la queue pour être punis. Le "Torture Garden", à Londres, c'est la Mecque des amateurs de sensations fortes, le jardin d'Eden des fétichistes de toutes les espèces… et parfois même, celles qui ne sont même pas encore répertoriées !

    David Wood, c'est l'homme qui a fait sortir le sadomasochisme des lugubres bas-fonds de Londres. Avec lui, la culture fétiche s'incruste dans le night-clubbing et devient une attraction entre deux slows : "au Torture Garden, il est question de sexualité bien sûr, mais pas seulement de l’acte sexuel. Il s’agit de la sexualité accompagnée d’imagination et de fantasme. Le club ce n’est pas simplement un endroit pour avoir des relations sexuelles, c’est aussi un lieu d’échanges érotiques et de stimulation. L’accent est plus mis sur les préliminaires, la façon de s’habiller ou de se déguiser. L’acte sexuel, animal n’est pas important."

    Depuis les premières soirées, lancées en 90, le style Torture Garden s'est déployé avec une collection de vêtements très ajustés, des livres et des DVD qu'on déniche dans toutes les boutiques branchées de Londres. Ancien gothique, David découvre très vite qu'il n’est pas né pour suivre le ban. Converti au latex, il choque ses professeurs de l'école d'art avec sa fascination pour les œuvres érotico-morbides de Georges Bataille ou d'Octave Mirbeau, chez lesquels il trouve le nom de ses soirées.

    Très courues par le tout-Londres, ces dernières lui permettent de vivre ses fantasmes les plus incongrus, comme lorsqu'il se déguise en Bruce Lee version "chapeau melon et bottes de latex ! L'ouverture du "Torture Garden" coïncide avec l’émergence d’un nouveau mouvement inventé par le californien Fakir Musafar : les "Primitifs Modernes". Les occidentaux redécouvrent des rituels corporels venus de la nuit des temps.
    La philosophie de Fakir : "Le corps physique n'appartient ni à Dieu, ni à l'Etat, ni à ta famille. Il n'a pas de limites, sa physiologie, sa taille, sa forme sont modifiables. il peut être remodelé, complètement transformé". Les spectacles et performances inspirés par ce mouvement fondateur du "Body Playing" deviennent la marque de fabrique du "Torture Garden".

     

     

    Dans les soirées Torture Garden, tous les fantasmes sont permis. SOS Médecin, Petit Chaperon Rouge et son Grand Méchant Loup, Ange Bleu ou Tigrou, Astroboy ou Hannibal Lecter: l'important c'est de participer aux soirées Portes Ouvertes du Jardin des Supplices. "Dans les boîtes fétichistes on peut explorer des fantasmes très noirs. Tous ne sont pas irréprochables, mais ils ne devraient pas êtres réprimés."

     

     

    Article plus détaillé.... Très prochainement.....


    Pour finir.... Un peu d'horreur à la japonnaise.... Personnes sensible, .... !!!!

     



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  •  

    Bisexualité, tatouages & piercings....

     

     

    Entre tabou et fantasmes....


    Petite annonce parue dans le journal "Le Matin" paru le mardi 26 avril 2011....

    Sion 1ère fois, Livia, brune, coquine, séduisante, patiente, Rapport, fellation, 69 embrasse, porte-jarretelle, fétichisme et reine du massage gode.....


     

    Récit tiré du forum "Doctissimo.ch"....

     

    Bonjours à toutes et à tous
     
    Je vais d'abord commencer par expliquer ma situations.
    Je suis un homme de 32 ans celibataire.
    Depuis pas mal de temps deja je fantasme sur le fait de faire l'amour avec un homme (voir plusieurs).
    Par le passé j'ai deja eu l'occasion de sucer un homme (une fois lors d'un trio avec un couple et une autres lors d'une rencontre fortuite via le net). cela c'est passé il y a plusieurs années.
    Aujourd'hui ces envie sont de plus en plus fortes.Je n'ai aucune attirance particuliere pour les hommes. Mon desir n'est que sexuel.
    J'ai juste envie de faire tout ce qu'il est possible de faire sexuellement entre deux ou plusieurs hommes...juste du plaisir.
    Mon coté bisexuel ne me gene pas particulierement ; j'ai accepté mes envies depuis longtemps.
     
    Ma question est la suivante: Comment assouvir mes envies?
    Comment orgnaniser quelques escapades sans se casser la tete?
    Je ne recherche pas de relation suivie , juste des rencontres simples entres presonnes qui veulent seulement prendre du plaisir...beaucoup de plaisir....
     
    Si vous etes ou avez etes dans mon cas je serais ravis de beneficier de votre experiences
     
    Merci d'avance

     

     

    Une réponse ....


    :) Bonjour Laurent. Je suis bisexuel depuis +/- l’âge de seize ans. Depuis 18 ans j'ai eu beaucoup de relations avec des femmes mais celles-ci n'ont pas duré très longtemps. Les femmes acceptent mal ma bisexualité et ne me font pas vraiment confiance.  
     
     :bounce: Ce que je vais vous raconter à tous dans ce premier récit s’est passé il y a environ une semaine. Cependant cette expérience décrite ci-dessous n’est que le résultat d’un long acheminement dans ma vie personnelle, affective et sexuelle. J’ai donc décidé de commencer par cette dernière expérience en date, puis par la suite  procéder par des expériences plus anciennes..
     
    …Avant d’arriver au bureau chaque matin j’avais l’habitude de prendre mon café dans un bar assez miteux. Il ne m’a pas fallu longtemps pour me rendre compte que pas mal de vieux homos fréquentaient cet endroit. Une jeune femme bulgare servait au bar lors de mes premières visites mais après quelques semaines un homme nord africain l’avait remplacée. C’était un homme d’une trentaine d’années qui possédait une physionomie assez mince, mal entretenu et pas trop attirant. C’est après quelques jours  que je remarquais les clins d’œil qu’il me lançait du bar.  Aussi, lorsque je lui demandais mon café ou un chocolat chaud  il prenait un soin particulier pour me le servir, toujours en me livrant son clin d’œil. Quand il arrivait  avec la tasse sur ma table Je remarquais qu’il poussait ses doigts en avant pour qu’ils se rapprochent  de plus en plus de ma main.      
    J’en ai parlé à une connaissance qui m’a demandé tout simplement :
     
    « Mais c’est simple. Mais si il se comporte ainsi ou qu’il essaie de te draguer demande lui tout simplement qu’il arrête !  Pourquoi tu ne lui dis pas ? »
     
    J’ai changé de sujet de conversation mais la remarque est restée dans mes pensées pendant toute la journée. A certains moments je me sentais perplexe ou fâché contre moi-même. Je m’accusais d’être passif et de ne pas pouvoir dire ‘non’ à quelqu’un qui voulait de moi.        
     
    Je rentrais chez moi à la fin de la journée. L’histoire de ce matin me revenait encore à l’esprit. Tout à coup j’imaginais cet homme nord africain entrain de caresser mes fesses blanches. Je le voyais mettre son long pénis noueux dans ma bouche tandis que je léchais son phallus et ses testicules. J’imaginais aussitôt qu’il enlevait ma petite culotte blanche et que contre ma volonté (bien réellement que j’y prenais grand plaisir) il enfonçait lentement son long gland entre mes fesses, dans mon anus.  
     
    J’ai eu une très forte érection en pensant au rythme de va et vient qui s’accélérait, à son long sexe qui  sortait et entrait avec un rythme soutenu de mon cul. J’imaginais voir mon anus qui se dilatait au maximum et puis qui se rétrécissait aussitôt pour soutenir le fort rythme de copulation. Avec ces pensées en tête je me suis immédiatement masturbé et j’ai joui très vite.  
    Je ne retourne plus à ce café depuis cette expérience. Quand j’aperçois le café le matin d’assez près je ressens encore des érections plus ou moins fortes. J’ai envie de devenir sa maîtresse et qu’il m’encule régulièrement.  
     
    Certains peuvent interpréter ceci comme un phénomène de ‘féminisation/forcée’ ou de ‘trouble d’identité du genre’ Pourtant ce genre de phantasme arrivent également chez des hommes hétérosexuels. Quant à me travestir ou porter des collants, bas, porte-jarretelles.. …Tout cela ne m’a jamais réellement branché mais le fait de me soumettre à un homme au pouvoir masculin m’excite beaucoup, je ne parle pas ici de sadomasochisme. Ici il s’agit uniquement d’une soumission à ses désirs sexuels (fellation, sodomie) de tous les jours.

     

     

    Une deuxième réponse...

     

    Au cours de mes premières expériences bisexuels je devais me retrouver aux commencements de mon adolescence. Aussi il m’arrivait souvent de passer les périodes de congé scolaire chez un ami qui vivait seul avec sa mère. Après sa séparation celle-ci  se retrouvait avec un homme  qui s’était plus ou moins installé avec ses affaires dans cette grande maison où je passais voir Alex. Chaque samedi il nous arrivait également de passer ensemble au bassin de natation.        
    Durant les après-midis de congé on se retrouvait la plupart du temps assis en conversation sur le lit de sa mère. La curiosité avait vite poussé Alex à retrouver des bandes dessinées érotiques comme ‘Emmanuelle’ qui appartenaient au nouveau venu. On passait notre temps à apprécier une panoplie  de dessins ‘hot’ contenus dans plusieurs de ces grands albums. On repassait en revue ces scénarios qui décrivaient tour à tour les nombreux fantasmes de moines pervertis. Pour assouvir les phantasmes des lecteurs l’auteur avait dépeigné en détail des femmes soumises à la sodomie ou forcées à participer à des partouzes dans des sinistres monastères isolés dans les montagnes. A chaque fois il arrivait que mon ami me demande avec le sourire aux lèvres la même petite question :
    « On les imite ? »
    C’est ainsi que je commençais à pratiquer la sexualité active en différentes positions : caresses fellation.. L’excitation retirée durant ces nombreux après-midis par la découverte de ces nombreux canevas pornos nous avaient permis de nous en inspirer librement pour découvrir pas mal de positions et de pratiques qu’on réalisait à deux. Depuis le départ il m’arrivait presque à chaque fois de revenir sur une partie de ces bande dessinées qui montraient des scènes de sodomie. Si je ressentais une grande envie de me faire pénétrer je manifestais également une certaine peur de réaliser cet acte sexuel : était-ce la crainte d’avoir mal, la peur de l’inconnu ? En tout cas à cette époque le HIV n’avait pas encore fait son triste apparition, donc pas de peur de ce côté-là..
    Finalement et durant un de ces après-midis j’ai décidé de passer à l’acte. Cependant ce n’était pas moi mais bien mon ami qui a pris l’initiative. Après avoir parcouru un ou deux albums qui contenaient ces bandes dessinées il s’est arrêté sur une planche dessinée qui dépeignait un acte de sodomie.. …La petite question habituelle est revenue. A ce moment précis j’ai décidé de me laisser aller et je lui ai donné mon accord.  
    Il revenait après une courte absence pour monter avec lui dans une petite chambre à coucher installée sous le toit. Je me mettais à quatre pattes sur le lit tandis qu’il baissait mon pantalon. Lentement il a retiré mon caleçon tandis qu’à plusieurs reprises il me claquait mes grosses fesses blanches avec sa main. J’étais en effet plus corpulent à l’époque, c’est seulement  plus récemment que je m’occupe de ma santé physique.                  
    Je me tenais sur le lit tandis qu’il glissait un peu de beurre sur mon anus. C’est ensuite qu’il glissait lentement son index dans mon cul et commençait à le pousser chaque fois un peu plus dans mon cul. Il continuait ce jeu pendant un certain temps avant de passer à l’acte. Durant les premiers instants quand je ressentais son gland se pousser un chemin dans mon cul j’ai eu une sensation de douleur. Il était vrai que je n’avais inséré à moitié que des objets comme des crayons jusqu’à ce moment précis. A cet instant je ressentais un mal et souhaitais lui dire d’arrêter. Je suis resté silencieux malgré cela et je me suis donc retenu de m’opposer à ses caprices. Était-ce cette volonté d’en finir et de finalement découvrir comment ces individus dépeints dans les bandes dessinées ressentaient cette sensation ?  
    Progressivement j’ai ressenti mon anus se dilater tandis que mon partenaire se concentrait à enfoncer son gland plus loin dans mon cul. Petit à petit je le ressentais entrain de s’enfoncer en moi jusqu’au point ou une bonne partie de son pénis se retrouvait dans mon anus. Le mal initial disparaissait progressivement  avec un rythme de va et vient qui prenait naissance. Le sexe d’Alex rentrait et ressortait pour de nouveau s’enfoncer encore un peu plus profondément. On entendait par son rythme de respiration qu’il devenait très excité et il recommençait tout en continuant à m’enculer à me claquer de manière répétitive sur les fesses. Quant à moi, depuis le départ j’avais développé une érection mais avec le commencement de ce rythme soutenu de va et vient dans mon cul mon sexe s’est encore massivement endurci.  
    Il n’a pas fallu longtemps avant qu’il jouisse. Je ressentais une grande chaleur envahir le fin fond de mon trou de cul tandis que j’entendais mon compagnon qui jouissait. On entendait pendant quelques secondes une longue lamentation dans sa voix, comme un pleur. Avec une dernière poussée il se poussait un chemin jusqu’au fin fond de mon cul. Lorsque je me retournais il soupirait et ses joues étaient roses. Avec la sueur qui lui recouvrait le front il était facile de deviner l’effort physique qu’il avait investi dans cet acte sexuel.  
    Plus ou moins rétabli il retirait lentement son sexe de mes fesses pour aller laver son pénis dans la salle de bains. Je le suivais aussitôt pour me laver les fesses et mon anus dans le bidet. Nous nous retrouvions environ une semaine après pour déjeuner chez ma mère. Durant ces repas il lui arrivait  de nous taquiner autour de la table en soulevant ses suspicions sur nos aventures illicites. Avec un sourire complice Alex répondait :
     
    « Mais enfin Maria ! Comment peux-tu nous accuser de telles choses ! »


    Je reviendrai prochainement sur le sujet mais en attendant voici un clip.... Les chanteurs sont-ils des androgynes ?

     

     

     


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  • Comme commencement, je voudrais vous faire découvrir un combat qui me tient à coeur celui de Thierry Ehrmann qui se bat pour la liberté d'expression qui est plus que jamais en danger.... De ce combat, je voudrais aussi en faire un peu du mien.... Pourquoi, oui pourquoi, la liberté d'expression fait autant peur ??? Ceci est la grand question....


    Pas de grands articles aujourd'hui...

     

    Je  suis en train de préparer un grand poste raison pour laquelle, je ne vais pas trop écrire aujourd'hui... Je suis en train d'écrire un article sur les libertés et les moeures de vie qu'on dit tolérées mais qui sont mises en danger par les valeurs de notre société :

    • Scarification
    • Branding
    • Piercing
    • Homosexualité
    • Bisexualité
    • Ecologisme
    • Végétarien
    • Végétalien
    • ....


    Maintenant, un clin d'oeil au nouveau clip de Moby...

     

     

    La participation et l'engagement de MOBY

     

    Moby participe au concert de bienfaisance en faveur de la Fondation David Lynch qui fait la promotion de la Méditation transcendantale pour résoudre les problèmes de violence à l’école. Ce concert rassemble de nombreux artistes de légende parmi lesquels Paul McCartney, Ringo Starr, Mike Love, Sheryl Crow, et Eddie Vedder de Pearl Jam, Donovan et Ben Harper pour l’occasion d’un concert au Radio City Music Hall de New York le 4 avril 2009. La soirée est intitulée « Change Begins Within / le changement commence de l’intérieur ». Les bénéfices récoltés doivent servir à enseigner la méditation transcendantale à un million d’enfants à risque de par le monde. Moby a expliqué au cours de la conférence de presse à propos de la méditation transcendantale qu’il en « apprécie la simplicité, que ce n’est pas un dogme, ni une idéologie. Aucune autre méditation que j’ai essayé, n’a été aussi efficace pour apaiser mon esprit, et à m’aider à aller à ce niveau très calme et centré ».

     



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    Un yakuza (ヤクザ ou やくざ, yakuza?) est membre d'un groupe du crime organisé au Japon ou, par extension, désigne n'importe quel voyou japonais. Les yakuzas sont représentés par quatre principaux syndicats, présents sur tout l'archipel, et possèdent également des ramifications dans la zone Pacifique, et même en Allemagne et aux États-Unis. Ils seraient plus de 84 700[1].

    Dans la terminologie légale japonaise, les organisations de yakuza sont appelées Bōryokudan (暴力団?) , littéralement « groupe violent »[2]. Les yakuzas considèrent ce terme comme une insulte, car il s'applique à n'importe quel criminel violent. Dans la presse occidentale, on les identifie parfois à la « mafia japonaise », par analogie avec d'autres groupes du crime organisé, comme la mafia sicilienne.

     

    Histoire

    Les débuts : l’ère Edo

    En dépit de leur notoriété dans le Japon moderne, l'origine précise des yakuzas est encore aujourd’hui sujet à controverse.

    Mythique bakuto, Shimizu No Jirocho est le premier bandit riche et célèbre de l'époque moderne

    Les yakuzas, descendants des Bakuto et des Tekiya...

    La première hypothèse serait que les yakuzas seraient les héritiers de deux corporations distinctes :

    1. les Bakuto (joueurs professionnels) qui travaillaient dans les villes, sur les marchés et les foires, et contrôlaient le monde des jeux de hasard, très en vogue à l’époque[8] (c’est encore aujourd’hui une des activités les plus lucratives des yakuzas)
    2. les Tekiya (colporteurs et camelots) qui travaillaient sur les routes[8].

    À l'origine, le recrutement des membres de ces deux groupes se faisait dans les mêmes milieux (paysans sans terres, voyous). Chaque groupe, une fois constitué, s'attachait un territoire fixe et délimité[8]. Ils pouvaient compter jusqu'à 500 hommes armés, comme celle du mythique bakuto Shimizu No Jirocho, le premier bandit riche et célèbre de l'époque moderne[9]. Les yakuzas ont hérités de certaines traditions des Bakuto, notamment la tradition du yubitsume (doigt coupé) et de l'irezumi (tatouage japonais).

    ... ou des Machi-Yokko?

    Les yakuzas eux-mêmes privilégient une autre hypothèse : ils affirment descendre des Machi-Yokko (« les serviteurs des villes »)[10]. Lors la démilitarisation, ayant eu lieu dès 1603, et survenant lors du « Pax Tokugawa » [11], période de paix qui durera 250 ans, les samouraïs représentaient 10% de la population, soit 2 à 3 millions de personnes. 500 000 sont démobilisés, dont certains deviennent des rônins, des samouraïs sans maitre, en rupture de ban[12]. Ils deviennent des bandits de grands chemins, terrorisant les populations, de semer le trouble, voire de tuer des citoyens pour le plaisir, d’où leur nom de « Kabuki-mono » (les « fous »)[13].

    Un acteur déguisé en kabuki-mono, avec son habillement particulier

    Il n’y a pas de lien immédiat avec le théâtre, mais le mot « Kabuki » signifie être extravagant, excentrique. D’où l’idée d’un personnage qui ne se plie pas à la règle et qui se manifeste. On pouvait distinguer les Kabuki-mono par leur mode d'habillement particulier, leurs coupes de cheveux, la longue épée qu’ils portaient et leur mauvais comportement général[14]. Ils avaient également l'habitude de pratiquer le Tsujigiri, qui consistait à tester l'efficacité d'une nouvelle lame sur les passants[15]. Certains groupes sont très organisés, et se prénommaient eux-mêmes les Hatamoto-yakko, c'est-à-dire les domestiques du Shogun[15].

    Dans le courant du XVe siècle, les ancêtres des yakuzas se seraient ainsi rassemblés pour créer des associations de défense pour se protéger des "Kabuki-mono" et de leurs divers méfaits. Ils vont ainsi devenir des Machi-yako, que l’on pourrait présenter comme étant des défenseurs des opprimés. Néanmoins, bien que se proclamant défenseurs de la veuve et de l’orphelin, ils ne défendent la plupart du temps que leurs propres intérêts, et vivent de brigandages.

    D'après le chroniqueur du magazine français Historia et enseignant au Japon Christian Kessler, c'est véritablement au début du XVIIIe siècle que voient le jour, dans les grands centres urbains d'Osaka et d'Edo (ancien nom de la ville de Tokyo), les organisations yakuza sous la houlette de chefs de bande. Les groupes yakuza sont également constitués de hinin (non-humains) et de eta (pleins de souillure) qui, dans la hiérarchie sociale, sont derrière les samouraïs, les artisans et les marchands. Les hinin regroupent les gens du spectacle, les gardiens de prison, les bourreaux, etc. ; quant aux eta, ils sont essentiellement constitués par ceux dont le métier est lié à l'abattage d'animaux. D'ailleurs, l'origine de leur discrimination se trouve sans doute dans la religion shintô et dans le bouddhisme qui considèrent comme une souillure toute occupation liée à la mort et au sang. Bien que « libérés » en 1871 lors de la restauration de Meiji, ces burakumin (littéralement « gens du hameau ») ont toujours souffert de multiples discriminations de caste, principalement à l'emploi et au mariage. Cet état de fait perdure encore de nos jours et contribue encore à fournir les rangs des yakuzas[16],[17]. Les burakumin représentent en effet 70 % des membres du Yamaguchi-gumi, le plus grand clan yakuza[18].

    De l'époque Meiji à 1945

    Le statut et les activités des yakuzas vont progressivement évoluer, en parallèle des bouleversements politiques et de la structure japonaise. L’entrée dans l’ère moderne avec l’ère Meiji (1868) va symboliser le renouveau des yakuzas[19], qui vont étendre leur pouvoir sur toute la société. Les idées nouvelles introduites par Karl Marx font peur à une partie de la population, ce qui sert les nationalistes. Appuyés par la pègre conservatrice, ils gardent le pouvoir, malgré les premières grèves violentes qui éclatent dans les mines de charbons[20].

    Les activités des Tekiya vont s'intensifier, grâce à des couvertures légales (autorisées par les liens tissés avec le gouvernement en grande partie) qui leur assurent une totale légalité de la partie émergée de leurs activités. De plus, la pratique de recrutement va s’intensifier grandement, fournissant aux organisations de plus en plus de main d’œuvre permettant d’étendre leurs pouvoirs. Du fait de l’importance grandissante des Tekiya, les trafics s’intensifient, on assiste au développement du marché noir et du commerce du sexe.

    À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les liens entre yakuzas et politique vont encore s’accentuer, poussés par l’ouverture du pays vers l’Occident. Les yakuzas, demeurant très attachés aux traditions, vont refuser tous contacts et actions bienveillantes à l’égard des Européens et des Américains. Ils organisent des actes terroristes visant des personnages politiques favorables à une ouverture du pays ; deux premiers ministres et deux ministres des finances, entre autres, seront ainsi assassinés.

    Ils sont néanmoins favorables à l’expansion coloniale du Japon ; c’est dans ce but qu’ils manigancent, avec la complicité du ministère de la guerre, l’assassinat de la reine Min (en) de Corée, pro-russe, le 8 octobre 1895[1], ce qui préparera l’intervention japonaise dans ce pays, et l’annexion qui suivra en 1910 et durera 35 ans, jusqu'à la fin de la Seconde guerre mondiale.

    Dans les années 1930, les yakuzas bénéficient d’une grande liberté, grâce à leur rapprochement idéologique avec la droite ultra-nationaliste[21],[22], très proche du pouvoir à l’époque. Lors de l’invasion de la Mandchourie, en Chine, ces liens leurs seront très utiles. Les yakuzas seront présents pour l’occupation, et organiseront le trafic de matériaux précieux et stratégiques, ce qui leur permettra d’amasser une fortune colossale[21]. Le lien entre les voyous et les politiques est assuré par certains parrains, les Kuromaku. Grâce à la fortune accumulée, certains de ces parrains joueront un rôle très important dans l’après-guerre[23], les plus connus et le plus influents étant Yoshio Kodama et Ryoichi Sasakawa[24].

    Ils s'occupaient également de trouver, et d'exploiter les femmes de réconfort pour l'armée japonaise d'occupation[21].

     

    De la fin de la Seconde Guerre mondiale au début des années 1990

    Suite à la défaite lors de la Seconde Guerre mondiale, le Japon est occupé par les Américains. Des trafics s'organisent alors avec les dizaines de milliers de soldats de la force d'occupation, notamment en drogues. Les yakuzas s'occupent de la prostitution, devenue illégale. Ils profitent également du chaos généralisé pour s'approprier des terrains en toute illégalité, dans les villes où les plans cadastraux ont brûlé[1],[25]. En parallèle, les Coréens et les Taïwanais, utilisés comme main d'œuvre durant la guerre sur le territoire du Japon, retrouvent la liberté. Les mafias de leurs pays d'origine tentent donc de s'installer au Japon, et de prendre le contrôle du fructueux marché noir[1]. On appela ces nouveaux arrivants les Daisangokujin. Ils agrandirent rapidement leur territoire, car les forces de police avaient été affaiblies suite à une purge effectuée par les forces d’occupation.

    Cette situation fut un tremplin décisif pour l’organisation yakuza[26]. Avec l’assentiment du pouvoir, elle fut utilisée afin de lutter contre ces mafias, et également comme briseuse de grève. Elle a aussi profité du fleurissement du marché noir[26] dans un Japon ravagé par la guerre et privé de tout. Le pouvoir des yakuzas va donc se faire double : d’un côté ils bénéficient dans l’ombre de l’appui des hommes politiques et de la police, et sont en plus nécessaires à la société d’après-guerre, le marché noir restant le seul moyen de survie pour la majorité des Japonais. L'organisation criminelle japonaise devient donc un des piliers du Japon, avec l'assentiment des forces d’occupations, qui voyaient en elle une « force régulatrice »[26].

    L'après-guerre voit également l'apparition d'une nouvelle criminalité, en parallèle de la pègre traditionnelle datant d’avant-guerre, et ayant encore une partie de ses traditions. Naissant en pleine crise sociale, le groupe des Gurentai (愚連隊?) est constitué de membres plus jeunes, plus violents ; c'est une criminalité moins organisée. Ils avaient pour spécialités le trafic d’amphétamines et la prostitution, ou la pornographie. Ce groupe est progressivement absorbé par des gangs plus importants, pour finalement former les grandes familles qui sont encore aujourd'hui en place, comme les Yamaguchi-gumi, ou les Inagawa-kai.

    Yoshio Kodama (à gauche) rencontrant Ichirō Hatoyama, (à droite) et Takeo Miki (en arrière plan)

    Entre 1958 et 1963, les yakuzas accroissent leurs effectifs de 150 % pour atteindre à leur apogée, un total d’environ 184 000 yakuzas, répartis dans 126 gangs[27]. L’organisation compte alors plus de membres que l’armée japonaise elle-même. Des clans se forment et des guerres éclatent pour le partage de territoires.

    Parallèlement, les Américains voient d'un mauvais œil l'avancée de l'armée populaire menée par Mao Zedong en Chine. Pour préserver définitivement le Japon du communisme, ils libèrent certains détenus politiques, comme Yoshio Kodama, qui, grâce à leurs relations avec les yakuza et les partis d’extrême-droite, vont leur permettre de s’en protéger. Kodama réussit à amener la paix entre les gangs. C'est le « Al Capone » japonais ; il souhaitait créer une alliance entre les différents gangs, tout en faisant le lien avec le milieu politique japonais, faisant de ce fait grandir l'influence de la pègre[28].

    Cette situation perdurera jusqu'au début des années 1990, période du vote d'une loi décisive pour l'avenir de la pègre nippone.

    La loi Antigang de 1992

    Contexte

    Le 1er mars 1992, le gouvernement japonais fait voter une loi Antigang (Boryokudan Ho ou Botaiho), qui sera en 1993 complétée par une loi Antiblanchiment. Elles ont plusieurs causes :

    • L’altération progressive de l’image des yakuzas auprès de la population[29];
    • Les conflits entre corporations, qui ont parfois touchés des « civils »;
    • La perte de fonction sociale des yakuzas, avec :
      • La réorganisation des forces de polices dans les années 1960, qui a enlevé le rôle de « suppléant » aux yakuzas
      • La chute de l’URSS, qui rendit la lutte contre le communisme moins pressante;
    • Les scandales de corruptions qui éclaboussèrent le PLD à la fin des années 1990[29];
    • L’influence extérieure, notamment des États-Unis, qui constatent l’implantation de yakuzas sur leur territoire[30].

    Cette loi met en place un recensement officiel des bandes, selon un certain nombre critères. Les membres doivent ainsi bénéficier de leur appartenance à une organisation pour avoir des avantages financiers, qu’une partie d’entre eux aient un casier judiciaire, et que l’organisation soit hiérarchisée.

    Si une bande est fichée, elle est alors sujette à des restrictions. Cette loi est uniquement administrative et non pénale, en cas de non respect, un simple rappel à l’ordre est adressé au contrevenant.

    Conséquences

    • Diminution des effectifs: Suite à la mise en place de cette législation, le nombre des yakuzas a fortement diminué[31], mais sans pour autant disparaître. Les effectifs sont aujourd'hui estimés à 84 700 membres.

    Cette diminution n’est néanmoins pas le signe d’un déclin de la mafia japonaise. En effet, depuis cette période, les 3 grandes fédérations se sont renforcées. La loi a forcé les yakuzas à mettre en place une politique de sélection et de concentration de leur effectif, ce qui entraine une plus grande cohésion et efficacité des effectifs restants[32].

    • Un enterrement des activités : la loi a obligée les clans à prendre une façade « légale », sous forme d’association, de groupes commerciaux ou d’entreprises :
      • Le Yamaguchi-gumi transformait une partie de son organisation en «Ligue Nationale pour l’Epuration des Terres». Il s’agissait d’une association charitable à but non lucratif consacrée à enrayer l’abus de drogues.
      • L’Inagawa-kai, se transformait en Industries Inagawa.
      • Le Sumiyoshi-gumi devenait l’Entreprise Hor[33].

    Les activités se sont aussi adaptées, avec un déclin des activités traditionnelles, mais qui ont été compensées par les divers trafics et la prostitution bas de gamme (salons de massage et services téléphoniques)[34]. Les yakuzas ont démultipliés leurs activités, et sont rentrés dans la clandestinité[35].

    • Une rupture de l’équilibre avec la police : Auparavant, il existait un accord tacite de coexistence entre forces de l’ordre et mafia. De manière quasi-systématique, si un yakuza commettait un crime, il allait ensuite se livrer à la police, pratique dénommée le iishu. Par la suite, il pouvait y avoir des négociations entre les parties, pour décider de la peine[36].

    Fonctionnement des clans

    L'organisation interne

    Organisation typique d'un clan yakuza

    Les yakuzas ont une structure semblable à celle de la mafia sicilienne, organisée en familles (ikka)[15]. Ils ont adopté la structure hiérarchique traditionnelle de la société japonaise, pyramidale, mais aussi familiale, bien que les membres ne soient pas liés par le sang[26]. Chaque « famille » possède un patriarche, l’Oyabun (親分? littéralement « le parent, le chef », l'équivalent du parrain), aussi appelé Kumichō (組長? littéralement « le chef de clan »). Ce titre se transmet de père en fils, comme une sorte de droit féodal, ou à une personne en qui l'Oyabun a une complète confiance.

    Chaque homme accepté chez les yakuzas doit accepter ce rapport Oyabun/Kobun[37], en promettant la fidélité inconditionnelle et l'obéissance à son patron. Toute la structure se fonde sur cette relation oyabun-kobun.

    L’Oyabun, en tant que bon père, est obligé de fournir la protection et les bons conseils à ses enfants. Chacun des deux protagonistes respecte le code du jingi (仁義? justice et devoir). Chaque kobun peut à son tour devenir « parrain » quand il le souhaite, tout en gardant son affiliation avec son propre oyabun, et ainsi agrandir l'organisation mère. Le plus proche conseiller de l’Oyabun est le Saikō-komon (最高顧問?), c'est un poste administratif qui s'occupe de l'état-major (avocats, comptables, etc.). Le Saikō-komon dirige ses propres secteurs. Il commande ses propres subordonnés, y compris des conseillers, comptables ou avocats.

    Juste en dessous se trouve le Waka-gashira, c'est le numéro deux de la « famille », il est sous les ordres directs de l’Oyabun. Son « petit frère », le Shatei-gashira[38], est de même rang, mais inférieur en autorité. Il est un relais entre les rangs inférieurs et le numéro deux du clan. Les rangs intermédiaires sont composés des Kyodai[38] (les « grands frères »), et le bas de la hiérarchie par les Shatei (petits frères)[39],[38].
    En dehors de la famille, le kumi-in (l'homme engagé) est un exécutant qui pourra peut-être intégrer le clan s'il s'en montre digne.

    Les yakuzas d'aujourd'hui viennent de milieux très variés. Les récits les plus romanesques racontent que les yakuzas recueillent les fils abandonnés ou chassés par leurs parents. Ils sont souvent recrutés par un clan dès le lycée, une majorité dans les communautés burakumin et coréenne, peut être à cause de la véritable ségrégation raciale dont elles sont victimes au Japon. Les burakumin représentent 70 % des membres du Yamaguchi-gumi. La pègre ne se cantonne donc pas aux seuls Japonais pour recruter des hommes, elle accepte toutes des origines, ne se fiant qu'aux compétences des individus. En effet, les yakuzas se composent habituellement d'hommes très pointus, adroits, intelligents, car le processus pour obtenir un poste dans l'organisation est très concurrentiel et darwinien. Le milieu japonais est entièrement constitué d'hommes, et il n'y a habituellement aucune femme impliquée, excepté l'épouse de l’Oyabun qui s'appelle le «Kami-san» ou «Nee-san» (grande sœur)[40]. Quand le chef du Yamaguchi-gumi a été abattu vers la fin des années 1990, son épouse lui a succédé pendant une courte période.

    Article détaillé : Les Coréens au Japon.

    Les rituels et usages

    « Il y avait des règles précises pour pratiquement tout - de la façon dont on salue quelqu'un au-dessous ou au-dessus de soi, la façon de parler aux gens, la façon d'indiquer que vous les écoutez, tout. C'est un monde féodal, très différent de la vie ordinaire extérieure. Et ça va même jusqu'à influencer les relations que vous avez avec les femmes. »

    — Saga Junichi, Mémoires d’un yakuza [41]

    La « voie chevaleresque »

    Les yakuzas suivent le gokudō (極道?)[42], la voie extrême. Mais ils ont également un certain « code d'honneur ». En effet, l’intégration de rōnin au XVe siècle leur a apporté un certain nombres de règles, à l’image du Bushido chez les Samouraïs. Cette ligne de conduite, le Ninkyōdō (la voie chevaleresque), contient 9 règles :

    1. Tu n'offenseras pas les bons citoyens.
    2. Tu ne prendras pas la femme du voisin.
    3. Tu ne voleras pas l'organisation.
    4. Tu ne te drogueras pas.
    5. Tu devras obéissance et respect à ton supérieur.
    6. Tu accepteras de mourir pour le père ou de faire de la prison pour lui.
    7. Tu ne devras parler du groupe à quiconque.
    8. En prison tu ne diras rien.
    9. Il n'est pas permis de tuer un katagari (personne ne faisant pas partie de la pègre).

    La règle 9 n'est pas souvent appliquée, et peu de clans suivent encore cette éthique, et les traditions en général.


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