Le piercing est une pratique consistant à percer une partie du corps pour y mettre un bijou. C'est un type de modification corporelle.

Le mot vient de l'anglais to pierce, qui signifie « percer ». Le mot exact en anglais est body piercing (perçage du corps).
La prévalence varie suivant les milieux et les pays. Elle est estimée à près de 10 % des adultes en Grande-Bretagne et serait plus commun chez la femme de moins de 24 ans où elle atteindrait près de 50% de la population (sans prendre en compte le simple perçage d'oreille)[1]. Les chiffres sont proches de ceux retrouvés en Australie[2] ou en Allemagne[3].
Le tiers de ces piercings concerne le nombril, le cinquième la narine. Chez l'homme, le mamelon arrive en première place[1]. Les neuf-dixièmes des interventions se font chez des professionnels
Origines
La pratique de la perforation du corps pour y insérer un ornement est ancienne. Déjà au néolithique, en Afrique, notamment chez les Mursi, une tribu d'Éthiopie, des labrets en pierre étaient insérés au niveau de la lèvre inférieure ou aux lobes des oreilles.
Le piercing au nez est une coutume provenant de l'Inde. Il était, à l'époque, réservé aux castes supérieures. En Inde et au Pakistan, cette coutume se pratique depuis des siècles. En Inde, le piercing au nez est couramment porté par les femmes depuis le XVIe siècle. En Égypte antique, des boucles d'oreilles en or étaient portées par les hommes de haut niveau social. Les perforations du nez et des oreilles étaient réservées aux pharaons et autres membres de la famille royale. Ces pratiques sont mentionnées dans la Bible. Dans la Genèse 24:22, le domestique d’Abraham a donné des boucles d'oreilles et des bracelets à Rebecca, épouse de son fils Isaac.
Dans Exode 21:6, le piercing est une marque d'esclavage avec asservissement à perpétuité ou d'affranchissement conditionné librement consenti par l'interprétation du verset 5. 5 Mais si le serviteur déclare: «J'aime mon maître, ma femme et mes enfants, je renonce à partir libre», 6 alors le maître prendra Dieu à témoin et fera approcher l'homme du battant de la porte ou de son montant et lui percera l'oreille avec un poinçon et cet homme sera son esclave pour toujours.
Le percement de l'oreille, courant en Syrie et dans les pays environnants comme signe de servitude, symbolisait l'obéissance stricte que le serviteur devait à son maître.
En Amérique, la perforation de la langue était populaire dans l'élite des civilisations aztèque et maya, bien qu'elle ait été effectuée en tant qu'élément rituel non permanent, supposé permettre d'entrer en contact avec les dieux. Ces civilisations précolombiennes portaient des bijoux aux oreilles, au nez et à la lèvre inférieure. De telles décorations continuent à être populaires parmi les peuples autochtones de ces régions.
La perforation des oreilles existe depuis l’Antiquité. Elle s'est poursuivie durant le XXe siècle. Cependant, aux États-Unis, la pratique était devenue relativement rare entre les années 1920 et 1960. À partir des années 1960, elle a regagné du terrain parmi les femmes américaines, et a été par la suite adoptée par les hippies et les communautés gays, puis plus tard la culture punk.
Dans les années 1970, la perforation d’autres parties du corps a gagné en popularité dans la culture gay BDSM. En 1975, Jim Ward a ouvert The Gauntlet, le premier magasin de piercing des États-Unis, à Los Angeles.
Dans les années 1980, la perforation des oreilles chez les hommes est devenue commune dans le monde occidental, même si les hommes ont pour habitude de ne percer qu'une seule oreille.
Aujourd'hui, le piercing est devenu une véritable mode et s'est progressivement répandu dans toutes les couches de la population.
Le piercing correspond à une volonté esthétique ou une démarcation sociale. Ainsi, le piercing a pour but l'amélioration de son apparence, la volonté de se distinguer de l'ensemble de la population ou de s'associer à un groupe particulier.

Le piercing, un objet esthétique
Le piercing dans le mouvement gothique
|
Piercing, objet d'érotisation |
le piercing, une forme d'art corporel |

Aujourd'hui la majorité des piercings sont en acier inoxydable chirurgical. Ainsi, en France, les piercings dont la matière n’est pas indiquée sont généralement en acier inoxydable chirurgical.
D'autres matériaux sont utilisés, comme le plexiglas (PMMA), l'acrylique, le verre, les pierres, le bois, l'os et la corne et bien d’autres encore.
Santé
De par son succès, le piercing est devenu un problème de santé publique car il n'est pas toujours effectué dans des conditions optimales d'hygiène. Lorsqu'il est correctement exécuté, ces risques sont réduits au minimum, la plupart des individus qui reçoivent un piercing d'un professionnel, et qui en prennent soin, n’ont aucun problème.
Bien que tendant à disparaître progressivement, la pratique du piercing au "pistolet perce-oreille" est à proscrire car très dangereuse. Outre le fait que cet appareil n'est pas stérilisable, les dégâts qui peuvent être occasionnés par le choc mécanique sont souvent désastreux et irréversibles (déformation des cartilages, perforation de la cloison nasale, infections à répétition...). la base pour le lobe des oreilles, n'est absolument pas adaptée aux autres parties du corps.
Le taux de complications est près d'un tiers et nécessite une prise en charge médicale dans un peu moins d'un cas sur 2[1]. Il s'agit essentiellement de douleurs prolongées, de saignements ou d'infections.
Cicatrisation
Une nouvelle perforation sera douloureuse, enflée ou rouge pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines. La cicatrisation complète prend normalement plusieurs semaines ou plus. Durant cette période de guérison des précautions doivent être prises. Afin d’éviter toutes infections ils convient d’effectuer des soins :
Enfin, les activités sexuelles sont déconseillées durant la période de guérison pour les piercings sur les parties génitales et orales.